camera en caramel 1998

 

 

Plutôt qu'une vitrine, ce site est un meuble, encastré dans l'épaisseur du mur extérieur avec des portes sur les deux faces. L'une s'ouvre chez moi, l'autre sur l'extérieur, si l'on considère que le web en est un.
J'y classe des documents sur mon travail artistique.
Coté rue, j'imagine que seul un curieux perspicace serait tenté d'ouvrir spontanément cette armoire. S'y ajoutent ceux d'entre-vous que j'informe au détour d'un e-mail ou d'une rencontre dans la vraie rue :
- "On peut savoir ce que vous faites ?"
Je réponds généralement :
- "c'est sur le web" (sous-entendu : "c'est publié, vous devriez connaître mais je ne me vexe pas"), voici l'adresse de mon site"



Il y a quelques années (1998) ce site est apparu comme un carnet ... le terme signifiant qu'il ne s'agit pas réellement d'un projet déterminé par le médium Internet, mais que l'idée de navigation stimule des expériences mélangées de récits visuels. Dans le prolongement de la difficulté qu'ont les catalogues d'expositions à accéder au statut de livre, ce site au design rudimentaire est un précieux espace accessoire.

En plus de sa fonction d'armoire, il génère plusieurs cartes mentales : j'ai en interne établi une navigation visuelle, où les pages qui voisinnent sont connectées par des "boutons" qui les représentent schématiquement.

Il pourrait donc s'agir d'un archivage où les chaoses s'agitent (une écume).
Internet fait apparaître toute chose qui s'y ajoute comme un empilement supplémentaire dans l'infini des dossiers et de leurs URL. Même si chaque petit bout de site prétend à une visibilité absolue, la profusion fait du web un réseau de bonnes cachettes. Et une certaine bêtise systémique de l'ordinateur soutient le charme. Elle permet des éboulements de dossiers et des connexions irrégulières.



Diverses propositions de navigation :

: dans le plan général du site, chaque page occupe une place qui la met en relation avec ses voisines immédiates. Une icône caractérise chaque page et sert de bouton pour y revenir depuis les pages voisines. Le bouton 'plan' se trouve dans presque toutes les pages...


: à une certaine époque, j'avais renforcé la liaison géographique des pages avec une boussole de navigation qui demeure comme un fossile à certains endroits.


: dans la notice biographique, des liens classiques sur les mots permettent de retrouver à peu près tout ce qui fit l'objet d'une commande, d'une publication ou d'une exposition.


: mon activité de cadranier est représentée principalement dans le quart Sud-Est du site... une organisation qui, bien que logique à l'origine, s'était brouillée au fil des couches : mes réalisations de cadrans solaires, à la différence des dessins et sculptures, sont à peu près toutes visibles dans le site.
J'ai donc réalisé en 2009 une synthèse des cadrans, plus visuelle.



: le schéma "Nord-Sud-Est-Ouest" imaginé en 1998 pour 'naviguer' commençait à m'apparaître un peu rigide et mentalement très plat. J'ai donc imaginé après 10 ans d'usage de la métaphore cartographique, de l'enrichir par un 'système de caves', façon Bachelard : en dessous de la plupart des pages repérées dans le plan général, se creusent des caves sur plusieurs niveaux, dans lesquelles je glisse des éléments (encore) plus informels : textes, expériences presqu'oubliées, réflexions notées au fil des ans...
On accède aux caves par le menu déroulant qui se trouve dans chaque page, comme un escalier de phrases dérobé(es). En général, une page de cave est sur fond gris.


: une page regroupe tous les menus déroulants du site, pour ceux qui voudraient le visiter par les caves.



Au delà de ces repères, des liens sur des mots ou des images rajoutent quelques fils de trame non tissés.